Nouvelle saisine de l'Assemblée Nationale
12. Les parties signataires du présent accord prennent acte de la détermination
de la médiation en ce qui concerne l'adoption des textes issus de l'Accord
de Linas-Marcoussis. Elles donnent mandat au Premier Ministre afin qu'il instruise
les ministres en charge d'élaborer les projets de loi concernés
en vue de les soumettre à l'adoption de l'Assemblée Nationale.
Les signataires du présent Accord invitent tous les députés
de la nation à soutenir ces amendements dont l'adoption est prévue
au plus tard pour la fin du mois d'avril 2005.
Financement des Partis politiques
13. Les signataires du présent accord ont admis d'étendre le principe
du financement des partis politiques aux partis politiques non représentés
au Parlement, en raison du contexte politique qui a prévalu par le passé.
Eligibilité à la Présidence de la République
14. Les participants à la rencontre ont discuté de l'amendement
de l'article 35 de la Constitution, Ayant écouté les points de
vue des différents leaders ivoiriens, le Médiateur s'est engagé
à se prononcer sur ce sujet après avoir consulté le Président
de l'Union Africaine, Son Excellence le Président Olusegun Obasanjo et
le Secrétaire Général des Nations Unies. Son Excellence
Kofi Annan, La décision issue de ces consultations sera communiquée
aux leaders ivoiriens. Le médiateur fera diligence pour régler
cette question,
Code de bonne conduite
15. Les parties signataires ont convenu, pour l'intérêt de la paix
en Côte d'Ivoire, du rapprochement entre les leaders politiques ivoiriens.
Cette action doit se poursuivre après la réunion de Pretoria,
Les parties conviennent, compte tenu de la gravité et de la persistance
de la crise en Côte d'Ivoire, de la nécessité de poursuivre
le processus de réconciliation nationale au-delà des élections.
Interprétation de l'accord
16. En cas de différence d'interprétation sur tout ou partie du
présent accord, les parties signataires du présent accord conviennent
de s'en remettre à l'arbitrage du Médiateur.
Motion de remerciement
17. Les parties ivoiriennes signataires de l'Accord de Pretoria expriment leur
profonde gratitude à Son Excellence Monsieur Thabo Mbeki, Président
de la République Sud- africaine, Médiateur de l'Union Africaine,
pour son engagement personnel dans la résolution de la crise ivoirienne,
au Gouvernement et au peuple Sud africains, pour le dévouement, l'accueil
chaleureux et l'hospitalité qu'ils leur ont réservés et
qui ont contribué au rapprochement des leaders politiques ivoiriens en
vue de la consolidation de la paix et la poursuite du processus de réconciliation
nationale en Côte d'Ivoire.
18. Le Médiateur exprime sa sincère appréciation pour l'engagement
des leaders ivoiriens pour une résolution rapide de la crise ivoirienne.
S.E.M. Laurent GBAGBO
Président de la République
de Côte d'Ivoire
Pour le PDCI
M. Henri Konan BEDIE
Pour le RDR
M. Alassane Dramane OUATTARA
Pour les FN
M. Guillaume SORO
S.E.M. Seydou Elimane DIARRA
Premier Ministre du Gouvernement de Réconciliation Nationale
S.E.M. Thabo MBEKI
Président de la République Sud-africaine,Médiateur de l'Union
Africaine
Fait à Pretoria le 6 avril 2005
Communiqué final du sommet de prétoria II
jeudi 30 juin 2005
A l’invitation du Médiateur, les signataires de Pretoria se sont réunis à Pretoria les 28 et 29 juin 2005 pour examiner la mise en œuvre de l’Accord qu’ils avaient conclu le 6 avril 2005.
Participaient à la réunion Son Excellence Laurent Gbagbo, Président de République de Côte d’Ivoire, Monsieur le Premier Ministre Seydou Diarra, représentant le Gouvernement de Réconciliation Nationale, l’ancien Président Henri Konan Bédié, représentant le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), l’ancien Premier Ministre Alassane Dramane Ouattara représentant le Rassemblement des Républicains (RDR) et le Ministre d’Etat Guillaume Soro, Secrétaire général des Forces Nouvelles. La réunion était présidée par lePrésident Thabo Mbeki.
La réunion se tenait dans le contexte du récent massacre à Duékoué. En reconnaissance renouvelée du droit sacré du peuple ivoirien à la vie, à la paix et au développement, les dirigeants ont condamné cette action et ont souligné qu’elle constitue une menace à l’avancée du processus de paix. Ils se sont engagés, en conséquence, à travailler de concert pour éviter que de tels incidents ne se reproduisent.
Les dirigeants ivoiriens ont souligné que la tenue d’élections est au cœur du processus devant ramener la Côte d’Ivoire à la normale. C’est pourquoi ils ont affirmé l’importance de supprimer rapidement tous les obstacles à la tenue d’élections présidentielles en octobre 2005.
Les dirigeants ont pleinement entériné l’Accord de Pretoria du 6 avril et ont observé que certains progrès avaient été accomplis dans sa mise en œuvre, mais qu’il subsiste certains aspects qui n’ont pas encore été suivis d’effet. Après avoir examiné en détail la mise en œuvre de l’accord, ils ont convenu de ce qui suit :
1. Déclaration commune de fin de la guerre
La déclaration de fin de la guerre a été prononcée le 6 avril 2005 à Pretoria. Les parties ont convenu qu’elles allaient examiner de nouvelles mesures à prendre pour renforcer ce message de cessation des hostilités.
2. Désarmement et démantèlement des milices
Le Premier Ministre a rendu compte des préparatifs effectués par le Gouvernement pour le désarmement et le démantèlement des milices.
La réunion a noté que le désarmement et le démantèlement effectifs des milices n’ont pas encore commencé.
A cet égard, il a été convenu que ce processus commence immédiatement pour s’achever d’ici le 20 août 2005.
Il a aussi été convenu que la Troïka, composée du Premier Ministre, du Médiateur et de l’ONUCI, allait évaluer le soutien supplémentaire qui pourrait être nécessaire pour accélérer ce processus, afin de raccourcir encore les délais de finalisation de cette tâche.
3. Désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR)
Consciente de ce qu’il serait impossible de tenir les élections si cette question reste en attente, la réunion s’est gravement inquiétée de l’absence de progrès dans le processus de DDR.
La réunion a pris acte de la volonté commune des Etats Majors des deux forces à s’inscrire dans le processus du DDR. Celles-ci ont proclamé la reprise du dialogue militaire, le retrait des armes lourdes du front, ont doté la Côte d’Ivoire d’un PNDD/RC et d’un chronogramme de refondation et de restauration des forces de défense et de sécurité.
La réunion les a vivement encouragées à faire plus de progrès dans la réalisation du processus, pour ce faire, les chefs d’Etats Majors des Fanci et des FAFN vont se réunir avec la CNDDR le jeudi 7 juillet 2005 pour finaliser l’adoption du chronogramme.
La réunion a été informée que le Gouvernement a commencé de réhabiliter les sites DDR dans le nord du pays. Le président de la CNDDR a assuré la réunion que trois sites au nord serait prêts à accueillir des combattants dans un délai de trois semaines. Les sites du sud du pays sont prêts.
En conséquence, il a été convenu que l’accueil des combattants devrait commencer à partir de fin juillet 2005, sachant le lien existant avec la décision d’amender les lois sur la nationalité et l’identification, tel que prévu au point 8 ci-dessous.
Entre-temps les autres programmes convenus de DDR, dont la sensibilisation et la réhabilitation des autres sites se poursuivront.
4. Sécurité dans la zone de responsabilité des forces nouvelles
La réunion a pris note des efforts accomplis en vue d’assurer la formation des 600 éléments des Forces Nouvelles et a prié les parties intéressées d’accélérer ce processus.
Les personnes qui vont assurer la formation des éléments de Forces Nouvelles qui seront responsables des activités normales de police après le regroupement des combattants des Forces Nouvelles ont achevé leur formation. Le processus d’identification des 600 éléments devant être formés est en cours. L’ONUCI et la médiation examineront les besoins de forces de police supplémentaires.
5. Sécurité des membres du Gouvernement issus des Forces Nouvelles et des autres candidats à la Présidence
La Médiation a achevé la formation du personnel de sécurité qui sera responsable de sécuriser les Ministres des Forces Nouvelles. Ce personnel formé à la garde rapprochée est rentré en Côte d’Ivoire pour y être déployé.
Les mesures de sécurité nécessaires ont maintenant été mises en place pour permettre aux Ministres des Forces Nouvelles de reprendre totalement leurs tâches au gouvernement. Le Secrétaire Général de Forces Nouvelles a indiqué qu’ils sont maintenant tous prêts à reprendre leurs activités au gouvernement.
Le plan de sécurité global pour tous les membres du gouvernement issus des Forces Nouvelles sera finalisé et adopté par les chefs d’Etat Major lors de leur réunion du 7 juillet 2005.
L’ONUCI et la Médiation vont accorder la priorité à la mise au point d’un plan de protection et autres mesures nécessaires pour assurer la sécurité du Ministre d’Etat Guillaume Soro et des candidats à la Présidence, Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara.
Ils examineront également les plans de sécurité nécessaires à la tenue des élections, en particulier eu égard à l’accès aux bureaux de vote.
6. Commission électorale indépendante (CEI) et organisation des élections
La législation relative à la CEI devrait être adoptée d’ici le 15 juillet 2005 et la CEI devrait commencer de fonctionner immédiatement après cette date et au plus tard le 31 juillet 2005.
Les dirigeants ont réaffirmé que la CEI est la seule institution responsable du processus électoral et que l’Institut national des statistiques doit lui rendre compte sur tout ce qui concerne les élections.
Les dirigeants ont reconnu le rôle positif joué par le Conseil de sécurité des Nations Unies en soutien au processus électoral et ont exprimé leur appréciation du fait que les Nations Unies avaient réagi en urgence à leur demande.
Le Secrétaire général de Nations Unies est exhorté à nommer rapidement le haut représentant qui supervisera le processus électoral.
7. Radio Télévision Ivoirienne (RTI)
L’accord conclu à Pretoria selon lequel le Président Gbagbo allait publier un décret restaurant le statut et l’administration de la RTI a été suivi d’effet. Le Gouvernement s’efforce d’assurer l’extension des infrastructures de la RTI au reste du pays.
Les dirigeants ont prié instamment la direction de la RTI de faire en sorte que tous les partis aient un accès équitable aux médias et que la qualité des programmes soit améliorée.
8. Nouvelle saisine de l’Assemblée nationale
La réunion s’est inquiétée de ce que les lois n’avaient pas été adoptées comme il en avait été convenu dans l’Accord de Pretoria.
Les parties ont prié instamment les élus du peuple ivoirien à l’Assemblée nationale de contribuer au processus de paix en aidant à la mise en œuvre dudit Accord.
A ce égard, l’Assemblée nationale devrait adopter, d’ici le 15 juillet 2005, tous les amendements aux sept lois proposés par la médiation, faute de quoi le Médiateur est autorisé à prendre une décision sur les mesures exceptionnelles, tels qu’ordonnances et décrets, à prendre par le président pour assurer que ces amendements soient adoptés.
Ces lois portent sur la CEI, le financement des partis politiques, la nationalité, l’identification, la Commission des droits de l’homme, la presse écrite et la communication audiovisuelle.
La loi sur le financement des partis politiques va être amendée pour stipuler que les partis politiques non représentés à l’Assemblée nationale puissent bénéficier de financement à condition qu’ils aient des élus locaux. Ce financement devrait commencer le 15 juillet 2005.
9. Eligibilité à la Présidence de la République
Les parties ont rappelé que la question de l’amendement à l’Article 35 de la Constitution avait été un obstacle majeur à l’avancée du processus de paix. Elles ont reconnu que l’annonce faite par le Président de la République le 26 avril 2005 avait marqué un jalon significatif dans la création d’une atmosphère favorable à la tenue des élections. Les parties se sont engagées à tirer parti de cette réussite.
S’il s’avérait nécessaire d’avoir de nouveau recours aux dispositions de l’Article 48 de la Constitution, il faudrait en discuter avec la Médiation et les autres signataires. 10. Rôle de la Médiation
Les parties, reconnaissent l’importante contribution apportée par la Médiation et s’inspirant de leur volonté réelle de supprimer tous les obstacles à la tenue d’élections le 30 octobre 2005, demandent à la médiation de jouer un plus grand rôle dans la mise en application de l’Accord. 11. Sanctions
Les parties, voulant faire nouvelle preuve de leur engagement à la mise en œuvre de l’Accord de Pretoria, conviennent que l’Union Africaine devrait imposer des sanctions appropriées à toutes parties qui manqueraient à mettre en œuvre l’Accord de Pretoria et bloqueraient ainsi le processus de paix.
De même, les parties conviennent qu’en cas de tel manquement, la Médiation entreprendrait de recommander l’imposition des sanctions des Nations Unies prévues à la résolution 1572 du 15 novembre 2004 et d’autres pertinentes du Conseil de sécurité.
S.E Laurent Gbagbo,
Président de la République de Côte d’Ivoire
M. Henri Konan Bédié
Pour le PDCI
M. Alassane Dramane Ouattara
Pour le RDR
M. Guillaume Soro
Pour les Forces Nouvelles
Son Excellence Seydou Elimane Diarra
Premier ministre du Gouvernement de réconciliation nationale
Son Excellence Thabo Mbeki
Président de la République d’Afrique du Sud et Médiateur de l’Union Africaine
Signé à Pretoria ce 29 juin 2005
Rapport de la médiation de Thabo Mbeki
samedi 8 janvier 2005
I - Introduction
1 - J’ai l’honneur de vous soumettre ce 3e rapport conformément au mandat
que vous nous avez donné, en tant que président en exercice de
l’Union africaine pour intervenir urgemment, afin d’essayer de trouver une solution
à la crise qui prévaut en Côte d’Ivoire.
2 - Comme le vous savez, nous avons mené ce mandat dans le cadre des accords de Linas Marcoussis et d’Accra III
3 - L’intervention spéciale que vous nous avez demandée de faire
a été nécessitée par le fait que :
3-1 - Les parties ivoiriennes n’ont pas exécuté le programme convenu
selon l’échéancier prévu à Accra III.
3-2 - Il n’y avait aucun signe indiquant que dorénavant, quelque chose
serait fait dans le sens d’une application consensuelle des divers points contenus
dans les accords,
3-3 - L’attaque lancée par les Forces armées ivoiriennes (FANCI),
le 4 novembre 2004, et les développements qui en ont découlé,
ont créé une nouvelle situation qui compromettait, du coup, la
possibilité d’appliquer ces accords.
4 - Nous devons noter aussi que les sillons à travers lesquels nous inscrivons notre travail incluent le fait que les accords reconnaissent la validité de la Constitution de la Côte d’Ivoire et toutes les Institutions qu’elle sous-tend. En conséquence, le président de la Côte d’Ivoire, aussi bien que l’Assemblée nationale, maintiennent leurs pouvoirs et leurs fonctions constitutionnels, sous réserve des limitations prévues par les accords.
II - 1er tour des démarches
5 - Pour mener à bien notre mandat, nous avons impliqué tous les
acteurs principaux du processus de paix en Côte d’Ivoire pour solliciter
leur point de vue sur les étapes à entreprendre pour appliquer
ces accords. En conséquence,
5-1 - Le 5 novembre 2004, nous avons rencontré le président Laurent
Gbagbo à Abidjan.
5-2 - Du 13 au 14 novembre 2004, nous avons rencontré M. Alassane Ouattara
du RDR et sa délégation à Pretoria.
5-3 - Du 13 au 14 novembre 2004, nous avons rencontré le secrétaire
général du PDCI-RDA, Pr Alphonse Djédjé Mady et
sa délégation à Pretoria.
5-4 - A la même date, nous avons également eu une réunion
conjointe avec les délégations du PDCI-RDA et du RDR.
5-5 - Du 19 au 20 novembre 2004, nous avons rencontré le Premier ministre,
M. Seydou Diarra, avec sa délégation, à Pretoria.
5-6 - Du 19 au 20 novembre 2004, nous avons rencontré le secrétaire
général des Forces nouvelles, M. Guillaume Soro, et sa délégation
à Pretoria.
5-7 - Du 27 au 28 novembre 2004, nous avons rencontré une délégation
des groupes parlementaires du FPI, conduite par Mme Simone Gbagbo.
III - 2e tour des démarches
6 - A la fin du 1er tour de ces consultations, je me suis rendu en Côte
d’Ivoire et j’ai échangé avec les acteurs ivoiriens aussi bien
à Abidjan qu’à Bouaké, du 2 au 6 décembre 2004.
6-1 - A notre demande, nous avons été accompagnés pendant
ces jours par des représentants des organisations internationales venus
de leurs sièges. Faisaient partie de la délégation, les
représentants de l’UA venus du siège de l’UA, du secrétariat
général des Nations Unies, de la CEDEAO venus du siège,
de la présidence de l’UE venus de la Hollande, la Banque mondiale et
le Fond monétaire international, tous les deux venus de leurs sièges
de Washington, D.C.
6-2 - Le programme d’action/feuille de route (qui suit), que nous avons soumis
aux dirigeants ivoiriens a été préparé ensemble
avec cette délégation.
7 - Pour associer l’ensemble de la classe politique de Côte d’Ivoire à notre démarche, dans ce second tour, nous avons commencé par réunir tous les signataires de Linas-Marcoussis, individuellement. Pour cette raison, nous avons transporté les ministres des Forces nouvelles de Bouaké à Abidjan.
8 - Pendant la visite en Côte d’Ivoire du 2 au 6 novembre, et après
avoir bouclé le premier tour de nos consultations avec les dirigeants
ivoiriens, nous avons pensé qu’il était bon, après les
différentes visites, de mettre en place un emploi du temps pour l’application
des accords.
8-1 - Dans ce contexte, nous avons identifié quatre points particuliers
qui sont :
- L’exécution par le gouvernement de la réconciliation nationale
et l’Assemblée nationale des réformes législatives provenant
de Linas-Marcoussis, y compris l’article 35 de la Constitution ivoirienne.
- Le début du processus de DDR
- Le fonctionnement effectif du gouvernement de réconciliation nationale,
pour appliquer le programme de gouvernement identifié dans l’accord de
Marcoussis et dans le décret présidentiel (n° 2004-284 du
8 août 2004) délégant des pouvoirs au Premier ministre et
au gouvernement de réconciliation, et,
- La création d’un climat de sécurité favorable
à la liberté des activités politiques et sociales.
IV - Les réformes législatives
9 - Pour régler cette question, nous avons rencontré :
9-1 - S.E. Président Laurent Gbagbo
9-2 - L’honorable Premier ministre Seydou Diarra et le Gouvernement de réconciliation
nationale
9-3 - L’honorable Président de l’Assemblée nationale, Pr Mamdou
Koulibaly
9-4 - Le groupe parlementaire du FPI
9-5 - La coalition de la Mouvance parlementaire pour la réconciliation
et la paix, regroupant le PDCI-RDA et d’autres partis d’opposition.
9-6 - Un petit groupe de parlementaires issus de partis présents à
l’Assemblée nationale, mais qui sont opposés à leurs partis
pour diverses raisons, et,
9-7 - La session plénière de l’Assemblée nationale.
10 - Nous aimerions relever que l’accord de Linas-Marcoussis est écrit de sorte à permettre différentes interprétations en certains points.
11 - Le problème principal soulevé par l’opposition est que les députés du parti au pouvoir ont dénaturé des passages des lois à l’Assemblée nationale, bien que les projets de loi aient été approuvés par le gouvernement de réconciliation nationale.
12 - L’Assemblée nationale a pris l’engagement de finaliser les réformes législatives dans le délai contenu dans la feuille de route/programme d’action (ci-dessous).
13 - Répondant particulièrement à notre démarche, le président Gbagbo a présenté l’amendement de l’article 35 à l’Assemblée nationale, le 3 décembre 2004, pendant que la mission était encore en Côte d’Ivoire.
14 - Toutes les parties ivoiriennes ont accepté la proposition selon laquelle la mission de l’UA, travaillant avec les comités de suivi mis en place par Linas-Marcoussis et Accra III, devra faciliter la résolution de chaque différend qui pourrait surgir à propos de l’application de l’accord de Linas-Marcoussis.
V - Désarmement, démobilisation et réintégration
(DDR)
15 - L’accord de Linas-Marcoussis a déterminé que le processus
de DDR doit commencer dès que le gouvernement de réconciliation
nationale se met en place. De ce fait, l’accord d’Accra III a décidé
de la date du 15 octobre. Aucun de ces objectifs n’a été réalisé.
16 - Cependant, les belligérants, l’ONUCI et Licorne ont déjà convenu d’un programme DDR (accord de Yamoussoukro), même si cela n’a pas été appliqué.
17 - Pour progresser vis-à-vis de cela, nous avons rencontré
17-1 - S.E. Président Laurent Gbagbo
17-2 - L’honorable Premier ministre, Seydou Diarra
17-3 - L’état-major des FANCI, et
17-4 - Les dirigeants des Forces Nouvelles à Bouaké.
18 - Les parties ont convenu de commencer le processus DDR comme souligné
dans l’accord de Yamoussoukro et ajusté conformément à
la nouvelle feuille de route.
18-1 - La mission a convenu que l’ONUCI doit prendre en charge la sécurité
des Forces Nouvelles dès que le processus de cantonnement commence.
19 - Pour garantir le succès du processus de DDR, en prenant en compte le contexte ivoirien, il est nécessaire que le niveau des forces de l’ONUCI soit renforcé et leur mandat étendu.
20 - Le gouvernement de réconciliation nationale devra redéployer l’administration dans tout le pays et ainsi réunifier le pays, subséquemment au processus de DDR.
VI - Le fonctionnement effectif du gouvernement de réconciliation nationale
21 - Comme indiqué au point 8-3 ci-dessus, le gouvernement de réconciliation nationale doit prendre les initiatives nécessaires pour le succès de la transition. Or, nos consultations nous ont convaincu que ce gouvernement n’a pas fonctionné de manière à remplir ses obligations.
22 - Pour débloquer cette situation, nous avons rencontré :
22-1 - S.E. le Président Laurent Gbagbo
22-2 - L’Honorable Premier ministre, Seydou Diarra
22-3 - Les délégations des ministres issus des parties membres du gouvernement, accompagnées des dirigeants de leurs partis (voir point 7), et,
22-4 - L’ensemble du conseil des ministres, présidé par le Premier ministre, y compris un certain nombre de ministres ne participant plus aux activités ministérielles pour des raisons de sécurité.
23 - Le climat d’insécurité dans le pays, et spécialement à Abidjan, a conduit des ministres à s’absenter des activités du gouvernement. Cela a entraîné un échec du gouvernement de réconciliation nationale dans sa fonction, y compris de soumettre certaines lois-clé à l’Assemblée nationale.
24 - Tous les ministres ont entrepris de retourner au travail, dès lors que le problème de leur sécurité sera réglé de façon adéquate. La mission a convenu que l’ONUCI doit urgemment prendre en charge la question de la sécurité de certains ministres.
25 - La mission a insisté sur le fait que le gouvernement doit fonctionner comme une équipe homogène appliquant un programme commun et non fonctionnant comme une « fédération de partis politiques ».
25-1 - Il est pour cela nécessaire que les leaders de partis politiques n’entravent pas la possibilité pour le gouvernement de fonctionner comme une équipe, en leur donnant des instructions en dehors du programme de gouvernement de réconciliation comme indiqué au point 8-3 ci-dessus.
26 - (...)
27 - Le président et le Premier ministre ont entrepris de travailler ensemble pour assurer le fonctionnement effectif du gouvernement de réconciliation nationale.
VII - Création d’un climat propice à la liberté des activités politiques et sociales
28 - Des préoccupations ont été soulevées sur le sentiment d’insécurité dans le pays. En ce qui concerne Abidjan, la question tourne autour des activités des « jeunes patriotes » et des diverses milices. Concernant le Nord, le problème est que les supporters du parti au pouvoir, le FPI, et autres, ne sont pas autorisés à y avoir une liberté de mouvement.
28-1 - Une complication supplémentaire est venue de l’évasion des 4000 prisonniers pendant les troubles qui ont suivi les événements du 4 novembre. Cela entraîne maintenant une recrudescence des actes de violence et de vandalisme à Abidjan.
29 - Des préoccupations ont été aussi soulevées au sujet des publications et des émissions qui propagent la haine et encouragent la xénophobie.
30 - Il y a également le problème des journaux supportant l’opposition qui ont été interdits. Le président Gbagbo a expliqué qu’il n’y a pas officiellement de journaux interdits. Il semble que, le problème est que des bureaux de ces journaux ont été vandalisés, pendant la tension à Abidjan. La mission a été informée que pour cela, des journaux ont repris.
31 - Le président Gbagbo a accepté de restaurer la situation à la Radio et la télévision, à travers la nouvelle loi sur les médias qui était étudiée par l’Assemblée nationale. Une action a besoin d’être menée pour restaurer la couverture nationale de la RTI.
31-1 - Sur ce point, le président a relevé que les émissions de la RTI ne couvrent pas le territoire sous contrôle des Forces Nouvelles. En revanche, ils ont leur propre système de communication dans le Nord, auquel les populations du Sud n’ont pas accès. Ce qui a déteint sur la gestion de la RTI qui est normalement dévolu au ministère de la Communication qui se trouve être le secrétaire général des Forces Nouvelles.
32 - Le président Gbagbo a convenu de contribuer au retour à la normalité en appelant les jeunes patriotes à quitter les rues. Le rapport que nous avons reçu indique que cela a été fait.
33 - Le Premier ministre a convenu que des actions seront initiées pour désarmer les milices.
34 - L’ONUCI en collaboration avec les forces de sécurité ivoiriennes, a convenu de redémarrer les patrouilles mixtes, spécialement à Abidjan.
VIII - Le référendum sur l’article 35
35 - L’accord d’Accra III (paragraphe 6) demande au président de la Côte d’Ivoire d’« utiliser les pouvoirs que lui confèrent la Constitution » (article 48 de la Constitution ivoirienne) pour amender l’article 35. Il est dit que cela n’est pas possible « dans le cas où le territoire de Côte d’Ivoire sera divisé en deux entités séparées ».
36 - Toutefois, le président Gbagbo insiste qu’il est crucial que tout amendement de la Constitution doit non seulement permettre de l’honorer, mais aussi reconnaître le droit souverain du peuple de Côte d’Ivoire à voter cet amendement par référendum.
37 - Il insiste que la mise en œuvre effective du processus de DDR va résoudre le problème de la réunification du pays et les problèmes contenus dans l’accord d’Accra III.
37-1 - En conséquence, une fois que l’article 35 est approuvé par l’Assemblée nationale, il sera soumis au référendum à travers le nouveau contexte qui sera créé par la bonne application du processus DDR.
38 - D’autres leaders ivoiriens ont exprimé des préoccupations selon lesquelles l’utilisation de l’article 48 risque de créer un nouveau précédent, permettant au président de la République de l’utiliser pour amender d’autres dispositions de la Constitution. Leur souci est que rien ne devrait être fait comme si la Constitution avait été suspendue en partie ou entièrement.
39 - La position de la mission est que la tenue d’un référendum, une fois que les questions soulevées dans l’accord d’Accra III sont résolues, devrait jouer elle-même un important rôle dans le processus d’unité nationale et de réconciliation. Cela va aussi résoudre le problème de l’inconvénient d’un abus de l’article 48.
40 - La mission a pour cela insisté spécialement auprès du groupe parlementaire FPI pour que lorsque l’Assemblée nationale approuvera l’article 35, conformément à l’accord de Linas-Marcoussis, il prenne la responsabilité de faire campagne pour son adoption pendant le référendum.
40-1 - Bien entendu, les mêmes obligations incombent aux leaders impliqués dans la préparation et la soumission du projet de l’article 35 à l’Assemblée nationale, y compris le président de la République et le gouvernement de réconciliation nationale.
IX - Conclusions
41 - A la fin du travail, la mission a fait quelques recommandations aux parties. Ces recommandations ont été acceptées. Celles-ci sont exposées dans le programme d’action/feuille de route ci-joint et qui contient la matrixe indicative d’action, ainsi que le chronogramme consensuel.
42 - Le processus de transition en Côte d’Ivoire est confronté à plusieurs défis. La mission a été avisée de ce que dans les précédents engagements, les parties n’ont pas été rencontrées. Néanmoins, la mission est convaincue que les parties ivoiriennes sont déterminées à sortir de la transition. Elles acceptent, toutes, Linas-Marcoussis et Accra III comme la trame qui les guide dans ce processus.
43 - Toutes les parties ont relevé leur engagement de tenir une élection présidentielle en octobre 2005, aussi bien que les autres élections.
44 - Les Institutions multilatérales se sont engagées à aider urgemment la Côte d’Ivoire à relever le défi de relance économique, une fois que les étapes nécessaires seront franchies dans la résolution de la crise politique, y compris la réunification du pays.
45 - Le gouvernement de réconciliation nationale s’est dit prêt à réactiver les échanges avec les Institutions dans ce sens.
46 - Les parties aussi ont convenu que l’Union africaine doit maintenir son implication de haut niveau dans le processus de paix en Côte d’Ivoire et spécialement le suivi de l’application du programme d’action/feuille de route.
47 - Pour réaliser l’engagement 46 ci-dessus, nous allons immédiatement prendre les dispositions nécessaires pour nous assurer que la mission est capable de tenir ses obligations. Nous allons soumettre le rapport nécessaire à votre Excellence, en tant que président en exercice de l’UA, pour vous permettre de nous guider si cela est nécessaire. La mission de l’Union africaine remercie toutes les parties ivoiriennes, ainsi que les autres pays et les Institutions que nous avons consultés pour leur coopération avec la mission. Nous avons sincèrement apprécié l’engagement des parties ivoiriennes de suivre une solution politique. Selon la voie tracée par les accords de paix et le programme d’action/feuille de route.
Programme d’action/feuille de route
Matrice indicative et chronogramme d’action par relancer le processus de paix
_ Actions à mener
Durée date Action de début 06/12/04
Réformes
législatives vote de tous les réformes législatives, hormis
l’art 35 Mois 1 - Assemblée nationale Adoption du nouveau art 35 Mois
2 Assemblée nationale approbation de cette Législation telle que
nécessaire Pour être en conformité avec Linas Marcoussis,
avec l’assistance du comité de suivi Mois 2 Assemblée nationale
et gouvernement et comité de suivi.
DDR
Reprise des activités de la CNDDR et préparation des Sites du
DDR tel que prévu Mois 1 CNDDR Par le plan d’action de Yamoussoukro Début
du regroupement Pour le DDR Mois 2 CNDDR Début du DDR Mois 4 Début
du désarmement Des groupes para-militaires Mois 1 CNDDR et les forces
de et les milices défense et de sécurité de Côte
d’Ivoire.
- Création d’un climat favorable à la liberté
des activités politiques et sociales Restauration de la direction De
la RTI Sans délai Président Gbagbo Rappeler à l’ordre les
Médias de la haine Sans délai Président Gbagbo et Gouvernement
de Réconciliation nationale Reprise des patrouilles Sans délai
dès ONUCI et forces de mixtes le mois 1 de défense et de sécurité
de Côte d’Ivoire
- Fonctionnement du gouvernement de réconciliation assurer
la sécurité Dès Président, Premier des ministres
du gouvernement Semaine 1 ministre et ONUCI de réconciliation nationale
Retour de tous les ministres Dès Président, Premier au gouvernement
Semaine 2 ministre et ONUCI Reprise effective des activités Du gouvernement
de Réconciliation nationale.
- Restauration des services sociaux et redéploiement de l’administration
sur l’ensemble du territoire national Début de la restauration des Mois
1 Gouvernement de Services sociaux réconciliation nationale début
du redéploiement de Mois 3 Gouvernement de l’administration et des réconciliation
nationale magistrats
Lettre du médiateur international aux acteurs de la crise ivoirienne.
Comme vous le savez, la médiation de l’Union africaine sur la Côte d’Ivoire avec toutes les parties ivoiriennes, agit dans le cadre fournit par les Accords de Linas Marcoussis et d’Accra. Le chapitre III de l’annexe des Accords de Linas Marcoussis, traite de la question de l’éligibilité à la présidence de la République. Il contient le texte d’un amendement possible à l’article 35 de la Constitution de la Côte d’Ivoire approuvé par tous les signataires de l’Accord. Il est donc du devoir des parties ivoiriennes et de la médiation de veiller à ce que soit suivi d’effet l’intention du texte agrée à Linas Marcoussis laquelle vise avant tout au respect du principe d’une approche inclusive de la question importante de l’éligibilité à la présidence.
Comme cela avait été le cas depuis la conclusion de l’Accord de Linas Marcoussis, il s’est avéré difficile pour les parties ivoiriennes lors de la réunion en Afrique du Sud du 03 au 06 avril de parvenir à un accord sur les mesures à prendre pour donner effet à l’Accord de Linas Marcoussis relatif à l’article 35. Pour cette raison, compte tenu de la nécessité urgente de résoudre cette question et de respecter l’engagement pris par les signataires de l’Accord de Linas Marcoussis, il a été convenu que le médiateur sud-africain prendrait une décision sur ce sujet et ferait diligence pour le faire aboutir. L’Accord explicite sur ce point figure au paragraphe 14 de l’Accord de Pretoria du 06 avril 2005 sur le processus de paix.
Comme il est défini dans ce paragraphe, j’ai consulté le président de l’Union africaine, Son Excellence le président Olusegun Obasanjo ainsi que le Secrétaire général des Nations unies, Son Excellence Kofi Annan. L’un et l’autre approuvent la décision contenue au paragraphe 14 et sont d’avis que pour apporter une solution à la crise en Côte d’Ivoire, il est d’une importance primordiale de respecter la substance de l’amendement constitutionnel à l’article 35 contenu dans l’Accord de Linas-Marcousssis. Ils sont également d’avis qu’il est nécessaire de résoudre cette question sans délai, afin d’accélérer le processus de paix et de permettre la tenue des élections présidentielles en octobre 2005. Conformément à la nature même de l’Accord de Linas Marcoussis et d’Accra, le médiateur est pleinement conscient de la nécessité de respecter la Constitution de la Côte d’Ivoire en tenant compte des adaptations qui devront y être apportées pour mettre en œuvre les Accords de Linas-Marcoussis et d’Accra.
A cet égard, le médiateur n’ignore pas les dispositions contenues dans l’article 126 de la Constitution de la Côte d’Ivoire relatifs aux amendements constitutionnels concernant la présidence. Le médiateur est toutefois convaincu qu’il est essentiel de prendre en toute considération de l’obligation contenue dans l’article 127 de la même constitution qui prescrit toute action susceptible de porter atteinte à l’intégrité territoriale de la Côte d’Ivoire. Il ne fait aucun doute que la Côte d’Ivoire est aujourd’hui divisée en deux parties, sous le contrôle d’administrations différentes, ce qui constitue une atteinte incontestable à l’intégrité territoriale. Si l’on se réfère à l’article 48 de la Constitution de la Côte d’Ivoire, il est évident que l’intégrité territoriale est menacée d’une manière grave et immédiate et que le fonctionnement régulier des autorités constitutionnelles a été interrompu. En tant que médiateur et après avoir entendu attentivement les arguments présentés par les responsables de la Côte d’Ivoire, j’ai dû, en pesant ma décision concernant l’article 35 de prendre en considération tous les éléments constitutionnels et autres mentionnés ci-dessous.
Au terme du mandat donné au médiateur au paragraphe 14 de l’Accord de Pretoria, je décide par la présente, en tant que médiateur, que pour ce qui concerne les élections présidentielles de 2005, le Conseil Constitutionnel devrait accepter l’éligibilité des candidats qui seraient présentés par leurs partis politiques signataires de l’Accord de Linas-Marcoussis.
Cependant, il est également important de respecter l’autorité de la loi en donnant effet à cette décision. A cet égard, il ne conviendra pas d’obliger le Conseil Constitutionnel à agir illégalement. Aussi, les autorités de la Côte d’Ivoire devront-elles prendre les mesures nécessaires pour donner force légale à la décision du médiateur concernant l’article 35. Le médiateur demande donc à Son Excellence le président Gbagbo de faire usage des pouvoirs attribués au président au terme de la Constitution de la Côte d’Ivoire, en particulier l’article 48 pour donner force de loi à la décision ci-dessus. L’article 48 fait référence au respect par la Côte d’Ivoire de ses obligations internationales à son intégrité territoriale et au fonctionnement régulier des autorités constitutionnelles tous éléments pertinents dans la situation actuelle de la Côte d’Ivoire. Ces dispositions appliquées à la situation actuelle de la Côte d’Ivoire fournissent la base constitutionnelle pour que le président de la République prenne les mesures nécessaires exceptionnelles pour donner force de loi à la décision du médiateur concernant l’article 35 de la Constitution, après avoir procédé aux consultations prévues avec les présidents de l’assemblée nationale et du Conseil constitutionnel. La Constitution est la charte fondamentale de tout pays. Le médiateur est convaincu que la tâche principale pour le peuple ivoirien est de résoudre la crise qui a déchiré le pays et sa population, provoqué la mort et l’exode de nombreux habitants, ainsi que la détérioration de la situation économique et sociale.
Le médiateur ayant ces considérations en esprit est convaincu que le défi le plus immédiat pour le peuple ivoirien, est le retour à la normale et à la stabilité grâce à la réunification du pays, au rétablissement de l’administration sur l’ensemble du territoire et la tenue le d’élections présidentielle et législative libre et équitable. Ce n’est qu’après que ces objectifs auront été atteints que l’on pourra envisager d’effectuer les amendements à la Constitution de la Côte d’Ivoire qui seraient jugés nécessaires. Ce qui offre la seule voie, si l’on veut que le processus de révision constitutionnelle contribue à consolider la paix, la stabilité, la démocratie et l’unité nationale. Je demande que les mesures nécessaires soient prises pour donner force de loi à la décision que j’ai prise, en application de celle des responsables de la Côte d’Ivoire qui figure dans le paragraphe 14 de l’Accord de Pretoria.
Je vous prie d’accepter l’assurance de ma considération fraternelle.
Thabo Mbéki, président de la République sud-africaine, médiateur dans la crise ivoirienne
CONSEIL DE PAIX ET DE SECURITE
40ème REUNION
6 octobre 2005
Addis Abéba, Ethiopie
Communique
Communiqué de la 40ème réunion DU
Conseil de Paix et de Sécurité
Le Conseil de Paix et Sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA), en sa 40ème réunion au niveau des chefs d’Etat et de Gouvernement, tenue le 6 octobre 2005, a adopté la décision qui suit sur la situation en Côte d’Ivoire:
Le Conseil,
Côte d'Ivoire : Résolution 1721 (2006) adoptée par le Conseil de sécurité à sa 5561e séance, le 1er novembre 2006 (S/RES/1721)
Le Conseil de sécurité,
Rappelant ses résolutions antérieures et les déclarations de son président concernant la situation en Côte d’Ivoire,
Réaffirmant son ferme attachement au respect de la souveraineté, l’indépendance, de l’intégrité territoriale et de l’unité de la Côte d’Ivoire, rappelant l’importance des principes de bon voisinage, de non-ingérence et coopération régionale,
Rappelant qu’il a entériné l’Accord signé par les forces politiques ivoiriennes à Linas-Marcoussis le 24 janvier 2003 (S/2003/99) (l’Accord de Linas-Marcoussis) approuvé par la Conférence des chefs d’État sur la Côte d’Ivoire tenue à Paris les 25 et 26 janvier 2003, l’Accord signé à Accra le 30 juillet 2004 (l’Accord d’Accra III) et l’Accord signé à Pretoria le 6 avril 2005 (l’Accord de Pretoria),
Félicitant l’Union africaine, la Communauté économique des États l’Afrique de l’Ouest et les dirigeants de la région des efforts qu’ils continuent déployer en vue de promouvoir la paix et la stabilité en Côte d’Ivoire, et leur renouvelant son plein soutien,
Rendant hommage au Président Thabo Mbeki, de la République sud-africaine, pour les efforts inlassables qu’il a déployés au service de la paix et de réconciliation en Côte d’Ivoire et les nombreuses initiatives qu’il a prises pour faire avancer le processus de paix, en sa qualité de Médiateur de l’Union africaine, mû par sa profonde détermination à trouver des solutions africaines aux problèmes africains,
Saluant les efforts continus du Représentant spécial du Secrétaire général, M. Pierre Schori, du Haut Représentant pour les élections, M. Gérard Stoudmann, du Groupe de travail international (GTI), et leur réitérant son plein appui,
Réaffirmant son appui aux forces impartiales, à savoir l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) et les forces françaises qui lui apportent leur appui,
Ayant pris note de la décision que le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, réuni au niveau des chefs d’État et de gouvernement, a adoptée à sa soixante-quatrième réunion, tenue le 17 octobre 2006 à Addis-Abeba (« la
décision du Conseil de paix et de sécurité ») (S/2006/829),
Ayant entendu, le 25 octobre 2006, le rapport de M. Saïd Djinnit, Commissaire de l’Union africaine,
Ayant pris note du rapport du Secrétaire général en date du 17 octobre 2006 (S/2006/821), notamment ses paragraphes 68 à 80,
Ayant à l’esprit que le mandat constitutionnel du Président Laurent Gbagbo a expiré le 30 octobre 2005 et que le mandat de l’ancienne Assemblée nationale a expiré le 16 décembre 2005,
Se déclarant vivement préoccupé par la persistance de la crise et la détérioration de la situation en Côte d’Ivoire, notamment par leurs graves conséquences humanitaires qui sont à l’origine de souffrances et de déplacements à grande échelle parmi la population civile,
Condamnant à nouveau fermement toutes les violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire commises en Côte d’Ivoire,
Considérant que la situation en Côte d’Ivoire continue de mettre en péril la paix et la sécurité internationales dans la région,
Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies,
1. Souscrit à la décision du Conseil de paix et de sécurité, souligne que son application sans entrave exige le plein appui du Conseil, considère en conséquence que les dispositions ci-après de la présente résolution, fondées sur la décision du Conseil de paix et de sécurité, visent à mettre pleinement en œuvre le processus de paix en Côte d’Ivoire et à organiser des élections libres, ouvertes, régulières et transparentes dans ce pays d’ici au 31 octobre 2007, et affirme que ces dispositions sont destinées à s’appliquer durant la période de transition jusqu’à ce qu’un président nouvellement élu prenne ses fonctions et qu’une nouvelle assemblée nationale soit élue;
2. Prend note du dixième communiqué final du GTI en date du 8 septembre 2006;
3. Prend note également de l’impossibilité d’organiser des élections présidentielle et législatives à la date prévue et de l’expiration, le 31 octobre 2006, de la période de transition et des mandats du Président Laurent Gbagbo et du Premier Ministre, M. Charles Konan Banny;
4. Rappelle les paragraphes 5 et 8 du dixième communiqué final du GTI daté du 8 septembre 2006, le paragraphe 10 de la décision du Conseil de paix et de sécurité et le paragraphe 75 a) du rapport du Secrétaire général daté du 17 octobre 2006 (S/2006/821) et déclare, par conséquent, que la pleine application de la présente résolution, conformément aux paragraphes 13 et 14 de la décision du Conseil de paix et de sécurité, et du processus de paix conduit par le Premier Ministre exige que toutes les parties ivoiriennes s’y conforment totalement et qu’elles ne puissent se prévaloir d’aucune disposition juridique pour faire obstacle à ce processus;
5. Souscrit à la décision du Conseil de paix et de sécurité selon laquelle le Président Laurent Gbagbo demeurera chef de l’État à partir du 1er novembre 2006 pour une nouvelle et dernière période de transition n’excédant pas 12 mois;
6. Approuve la décision du Conseil de paix et de sécurité de proroger le mandat du Premier Ministre, M. Charles Konan Banny, à partir du 1er novembre 2006, pour une nouvelle et dernière période de transition n’excédant pas 12 mois, et sa décision selon laquelle le Premier Ministre ne pourra se présenter à l’élection présidentielle qui sera organisée avant le 31 octobre 2007;
7. Souligne que le Premier Ministre aura pour mandat de mettre en œuvre toutes les dispositions de la feuille de route établie par le GTI et des accords conclus entre les parties ivoiriennes en vue de l’organisation d’élections libres, ouvertes, régulières et transparentes d’ici au 31 octobre 2007 au plus tard avec l’appui de l’Organisation des Nations Unies et de donateurs potentiels, et de conduire en particulier :
– Le programme de désarmement, de démobilisation et de réintégration (DDR);
– Les opérations d’identification de la population et d’enregistrement des électeurs en vue d’établir des listes électorales crédibles;
– Les opérations de désarmement et de démantèlement des milices;
– La restauration de l’autorité de l’État et le redéploiement de l’administration et des services publics sur l’ensemble du territoire ivoirien;
– La préparation technique des élections;
– La restructuration des forces armées, conformément au paragraphe 17 de la décision du Conseil de paix et de sécurité et à l’alinéa f) du paragraphe 3 de l’Accord de Linas-Marcoussis;
8. Souligne que le Premier Ministre, pour l’exécution du mandat mentionné au paragraphe 7 ci-dessus, doit disposer de tous les pouvoirs nécessaires, de toutes les ressources financières, matérielles et humaines requises et d’une autorité totale et sans entraves, conformément aux recommandations de la CEDEAO en date du 6 octobre 2006, et qu’il doit pouvoir prendre toutes les décisions nécessaires, en toutes matières, en Conseil des ministres ou en Conseil de gouvernement, par ordonnance ou décret-loi;
9. Souligne également que le Premier Ministre, pour l’exécution du mandat mentionné au paragraphe 7 ci-dessus, doit disposer également de toute l’autorité nécessaire sur les Forces de défense et de sécurité de Côte d’Ivoire;
10. Rappelle l’alinéa iii) du paragraphe 10 de la décision du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine en date du 6 octobre 2005 (S/2005/639) ainsi que la déclaration du Président du Conseil en date du 9 décembre 2005 (S/PRST/2005/60), réaffirme les dispositions des paragraphes 6 et 7 de la résolution 1633 (2005) et rappelle que le Premier Ministre exercera sa pleine autorité sur le gouvernement qu’il constituera;
11. Réaffirme que les opérations de DDR et d’identification doivent être conduites de façon concomitante, souligne le rôle central des deux opérations dans le processus de paix, engage le Premier Ministre à les mettre en œuvre sans délai, et demande à toutes les parties ivoiriennes de coopérer pleinement avec lui à ce sujet;
12. Exige la reprise immédiate du programme de désarmement et de démantèlement des milices sur l’ensemble du territoire national, souligne que ce programme est un élément clef du processus de paix et souligne aussi la responsabilité personnelle des chefs des milices dans la mise en œuvre complète de ce processus;
13. Demande instamment au Premier Ministre de prendre immédiatement, par la voie d’ordonnances qu’il signera dans les conditions énoncées au paragraphe 8 ci-dessus, toutes les mesures appropriées en vue d’accélérer la délivrance des certificats de naissance et de nationalité dans le cadre du processus d’identification, dans un esprit d’équité et de transparence;
14. Exige de toutes les parties ivoiriennes concernées, en particulier des forces armées des Forces nouvelles et les Forces armées de Côte d’Ivoire, qu’elles participent pleinement et de bonne foi aux travaux de la commission quadripartite chargée de surveiller la mise en œuvre du programme de DDR et des opérations de désarmement et de démantèlement des milices;
15. Invite le Premier Ministre à établir immédiatement, en liaison avec toutes les parties ivoiriennes, l’ONUCI et les forces françaises qui la soutiennent, un groupe de travail chargé de lui soumettre un plan sur la restructuration des forces de défense et de sécurité et de préparer d’éventuels séminaires sur la réforme du secteur de la sécurité qui seraient organisés par l’Union africaine et la CEDEAO, en vue de refonder des forces de défense et de sécurité attachées aux valeurs d’intégrité et de moralité républicaines;
16. Encourage l’Union africaine et la CEDEAO à organiser des séminaires sur la réforme du secteur de la sécurité, en collaboration avec des partenaires et avec la participation d’officiers de commandement et d’officiers supérieurs de pays d’Afrique de l’Ouest sortant d’un conflit, afin d’examiner, entre autres questions, les principes du contrôle civil des forces armées et de la responsabilité personnelle pour des actes d’impunité ou des violations des droits de l’homme;
17. Invite le Premier Ministre à établir immédiatement, en liaison avec toutes les parties ivoiriennes concernées et le Haut Représentant pour les élections, un groupe de travail chargé de l’aider à mettre en œuvre les opérations d’identification de la population et d’enregistrement des électeurs, afin d’assurer leur crédibilité et leur transparence;
18. Encourage le Premier Ministre à solliciter, en tant que de besoin, la participation active de la société civile, afin de faire avancer le processus de paix, et demande instamment aux parties ivoiriennes, au Haut Représentant pour les élections et à l’ONUCI de tenir compte des droits et des ressources des femmes et des sexospécificités, conformément à la résolution 1325 (2000), en tant que questions intersectorielles, dans la mise en œuvre du processus de paix, y compris par des consultations avec les groupes de femmes locaux et internationaux;
19. Exige de toutes les parties ivoiriennes qu’elles mettent un terme à toutes les incitations à la haine et à la violence, à la radio, à la télévision et dans tous les autres médias, et engage le Premier Ministre à établir et à mettre en œuvre sans délai un code de bonne conduite à l’intention des médias, conformément aux décisions prises à Yamoussoukro le 5 juillet 2006 et à la décision du Conseil de paix et de sécurité;
20. Approuve la décision du Conseil de paix et de sécurité selon laquelle, pour éviter des médiations multiples et conflictuelles, le Président de la République du Congo, M. Denis Sassou Nguesso (« le Médiateur »), en sa qualité de Président de l’Union africaine, dirigera les efforts de médiation en liaison avec les Présidents de la Commission de l’Union africaine et de la CEDEAO et, si nécessaire, en liaison avec tout autre dirigeant africain disposé à apporter une contribution à la recherche de la paix en Côte d’Ivoire, et souligne que le représentant du Médiateur dans ce pays conduira, en liaison avec le Représentant spécial du Secrétaire général, la médiation au quotidien;
21. Demande à l’Union africaine et à la CEDEAO de continuer à surveiller et à suivre de près la mise en œuvre du processus de paix, les invite à examiner les progrès accomplis avant le 1er février 2007 et, si elles le jugent approprié, à réexaminer la situation après cette date et avant le 31 octobre 2007, et les prie de lui rendre compte, par l’intermédiaire du Secrétaire général, de leur évaluation et, au besoin, de lui soumettre toutes nouvelles recommandations;
22. Renouvelle pour une durée de 12 mois le mandat du Haut Représentant pour les élections défini au paragraphe 7 de la résolution 1603 (2005), souligne que le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine a encouragé le Haut Représentant pour les élections à jouer un rôle plus important dans le règlement des différends liés au processus électoral, ou des difficultés issues des procédures et processus devant être adoptés pour assurer des élections ouvertes, libres, régulières et transparentes, et décide par conséquent qu’en plus de ce mandat, le Haut Représentant pour les élections, avec le plein appui du Premier Ministre et en consultation avec celui-ci :
– Sera la seule autorité habilitée à rendre les arbitrages nécessaires en vue de prévenir ou résoudre toute difficulté ou contentieux liés au processus électoral, en liaison avec le Médiateur;
– Certifiera que tous les stades du processus électoral, y compris les opérations d’identification de la population et d’établissement des listes électorales et la délivrance de cartes d’électeur, fourniront toutes les garanties nécessaires pour la tenue d’élections présidentielle et législatives ouvertes, libres, régulières et transparentes, conformément aux normes internationales;
23. Demande à l’ONUCI, conformément au mandat énoncé dans la résolution 1609 (2005) concernant la protection du personnel des Nations Unies, d’assurer la sécurité du Haut Représentant pour les élections dans les limites de ses capacités et de ses zones de déploiement;
24. Rappelle le paragraphe 9 ci-dessus, et souligne qu’il en découle que le personnel des Forces de défense et de sécurité de Côte d’Ivoire qui assure la protection rapprochée et la sécurité des bureaux du Premier Ministre doit être sous l’autorité de celui-ci, qui doit notamment le nommer, sans préjudice des dispositions du paragraphe 2 l) de la résolution 1609 (2005);
25. Rappelle le rôle de garant et d’arbitre impartial du processus de paix du GTI, et demande à celui-ci :
– D’établir dès que possible, en liaison avec le Premier Ministre, un calendrier précis pour la mise en œuvre des principaux aspects de la feuille de route;
– D’évaluer, de surveiller et de suivre de près, chaque mois, les progrès réalisés dans la mise en œuvre de la feuille de route;
– De lui rendre compte, par l’intermédiaire du Secrétaire général, de son évaluation à ce sujet et de tout obstacle rencontré par le Premier Ministre dans l’exercice de son mandat, tel qu’énoncé au paragraphe 7 ci-dessus;
– De lui soumettre, en tant que de besoin, ainsi qu’à toutes les parties ivoiriennes concernées, toutes les recommandations qu’il jugera nécessaires;
26. Exige de toutes les parties ivoiriennes qu’elles s’abstiennent de tout recours à la force et à la violence, y compris contre les civils et les étrangers, et de toutes formes de manifestations de rue de nature à créer des troubles;
27. Exige également de toutes les parties ivoiriennes qu’elles garantissent la sécurité et la liberté de circulation sur l’ensemble du territoire ivoirien de tous les ressortissants ivoiriens;
28. Exige en outre de toutes les parties ivoiriennes qu’elles coopèrent pleinement aux opérations de l’ONUCI et des forces françaises qui la soutiennent, de même qu’à celles des organismes des Nations Unies et des personnels associés, notamment en garantissant la sécurité et la liberté de circulation de leur personnel et des personnels associés sur tout le territoire ivoirien, et réaffirme qu’aucune entrave à leur liberté de mouvement et à la pleine mise en œuvre de leur mandat ne sera tolérée;
29. Demande instamment aux pays voisins de la Côte d’Ivoire d’empêcher tout mouvement transfrontière de combattants ou d’armes vers la Côte d’Ivoire;
30. Se déclare à nouveau gravement préoccupé par toutes les violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire commises en Côte d’Ivoire, et demande instamment aux autorités ivoiriennes d’enquêter sans retard sur ces violations afin de mettre un terme à l’impunité;
31. Rappelle la responsabilité individuelle de toutes les parties ivoiriennes, y compris des membres des Forces de défense et de sécurité de Côte d’Ivoire et des forces armées des Forces nouvelles, quel que soit leur grade, dans la mise en œuvre du processus de paix;
32. Souligne qu’il est totalement prêt à imposer des sanctions ciblées contre les personnes, désignées par le Comité établi par le paragraphe 14 de la résolution 1572 (2004), qui sont reconnues, entre autres choses, comme entravant la mise en œuvre du processus de paix, y compris en attaquant ou en faisant obstacle à l’action de l’ONUCI, des forces françaises qui la soutiennent, du Haut Représentant pour les élections, du GTI, du Médiateur ou de son représentant en Côte d’Ivoire, comme responsables de violations graves des droits de l’homme et du droit international humanitaire perpétrées en Côte d’Ivoire depuis le 19 septembre 2002, comme incitant publiquement à la haine et à la violence ou agissant en violation de l’embargo sur les armes, conformément aux résolutions 1572 (2004) et 1643 (2005);
33. Décide de demeurer activement saisi de la question.
Datos personales del autor.
Cecé Théa Victorien Junior
Nacido el 12 de febrero 1971 en Guinea República.
Licenciado en lengua española, Universidad de Conakry/Guinea con estudios finales en la universidad de Oriente, Santiago de Cuba /Cuba 1997.
Licenciado en Derecho, Universidad Central de Las Villas, Santa Clara/Cuba 2003
Especialista en Derecho Internacional Público.
Aspirante al grado científico de doctor en ciencias jurídicas /Universidad de La Habana, Cuba.
Experiencias.
Pasantilla en el ministerio de relaciones exteriores de la república de Guinea, traductor y asistente del consejero político del mismo departamento, Febrero 1998- septiembre 1998.
Viaje de investigación en África (Guinea y Nigeria, en la Sede de la Comunidad Económica de los Estados de África Occidental ,CEDEAO,en Abuja y muchos centros de estudios de los conflictos armados africanos además de los ministerios y embajadas) Febrero 2005-julio2005.
Participación en varios eventos nacionales e internacionales. En Cuba y en Guinea República.
Méritos:
Graduado con honores.
Laureado de la Universidad de Conakry, Guinea 1997.
Titulo de Oro y estudiante extranjero más integral de la universidad Central de Las Villas, Cuba 2003.
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